Plaine Saint Denis

Schéma Directeur du Parc-Canal
Etude de programmation et de faisabilité




Maîtrise d’Ouvrage :

Plaine Commune
Partenariat Région, Département, Etat, Plaine Commune, Communes de Saint Denis et d’Aubervilliers

Etude urbaine : 2001-2002

Equipe de maîtrise d’œuvre :

Serge Renaudie, mandataire
MERISTEME, Régis Guignard
COMPOSANTE URBAINE, Christian Piel
PRO-DEVELOPPEMENT

Le programme :

Réaliser un parc de dimension régionale en utilisant la canal Saint Denis comme « colonne vertébrale ».

Le site :

Malgré la continuité de l’eau, chaque section est différente de la suivante par sa configuration, sa largeur, sa forme mais aussi par les quartiers qui la bordent, par les bâtiments et les activités qui la longent, par les usages de ses quais qui en rythment la vie, les plaisirs, les pulsions.... A aucun moment, à aucun endroit, le canal n’est anodin ou neutre. Il imprègne la perception du visiteur, il oriente ses pulsions, influence ses trajectoires.

Principes :

L’histoire des parcs du nord de Paris révèle une évolution déterminante dans les rapports entretenus entre parc et ville. Le parc des Buttes Chaumont est un monde reconstitué, avec montagnes, cascades, lac, île, forêts et prairies, enfermé dans des grilles. Le parc de la Villette compose un ensemble d’activités autour d’une équation parc-culture-festif-loisirs ; il « convoque » des activités de type urbaines à l’intérieur de son périmètre qui reste ouvert le soir. Ces deux parcs sont composés d’un territoire unitaire.
Le Parc-Canal dépasse la question de l’ouverture d’un territoire unitaire pour devenir un nouveau territoire s’immisçant dans les quartiers et développant un périmètre maximum de frottements avec la ville.

On notera la présence importante de l’eau dans les trois parcs : un lac aux Buttes Chaumont, le croisement des canaux à La Villette, le canal devenant la raison du Parc-Canal.

Le Parc-Canal est à la fois un territoire en soi, une somme de centralités et une liaison nord-sud et est-ouest, il compose une entité urbaine d’un " nouveau type " dans sa capacité à jouer dans les trois registres simultanément et à s’insérer dans le tissu urbain, cette insertion se faisant par osmose.

Aussi le Parc-Canal ne peut être cantonné à un périmètre unique définissant des surfaces vertes, il englobe une portion du territoire urbain qui a les capacités à être d’une part un parc public, accueillant le public dans un contexte végétal et d’autre part une portion complémentaire qui évolue avec la présence du parc public vers un urbain où les relations entre bâti et environnement sont gérées en résonance, un "parc privé” en quelque sorte.

Le Parc-Canal définit trois types d’emprise :

1. l’emprise du parc public avec un foncier public et un traitement végétal ;
2. l’emprise riveraine qui inclut les terrains limitrophes bénéficiant d’une co-visibilité avec le parc public, et de relations directes de transfert notamment pour la gestion des eaux pluviales ;
3. l’emprise d’influence définissant la partie de territoire qui subit directement l’influence de l’existence du parc public et qui influence celui-ci en lui donnant une raison urbaine.

Seul le foncier du parc public est strictement public. Le foncier de l’emprise riveraine et de l’emprise d’inflence restent privé ou public et occupés par les activités qui s’y trouvent ou qui évolueront ; habitat, tertiaire, activités économiques, équipements, commerces, etc....

Le Parc est, malgré la diversité des séquences qui le composent,une « entité », une « pièce urbaine » dans la ville. Tout en s’immisçant dans la ville, le Parc-Canal conserve sa spécificité. L’affirmation de ce caractère particulier fonde la reconnaissance du Parc-Canal qui se différencie des autres parcs, jardins ou squares par deux configurations spécifiques :
1. Le sol du Parc-Public : il s’inscrit dans le sol de la ville ; il s’y enfonce et révèle le sol naturel. Comme l’eau du canal, le parc est en contrebas de la ville.
2. Les limites du Parc-Public : comme l’eau du canal il se met à quai de la ville (les trottoirs et les chaussées deviennent les quais du Parc). Un élément massif, en béton ou en pierre naturelle, de section 60 cm x60 cm, délimite le Parc-Canal des trottoirs et des voiries limitrophes mais également du côté du quai du canal.Cet élément continu et constant est utilisé pour toutes les limites entre le parc et le domaine public (et les espaces publics du domaine privé) mais aussi entre le parc et le domaine pluvial. Il est complété par des éventuels aménagements : marches, rampes, grilles, massif végétal, etc...