Étude urbaine Amont Quentin - suivi réalisations




Fiche renseignements

Maîtrise d’Ouvrage :

Communauté de Cherbourg, Commune de Cherbourg

Missions  :

Marché de Définition :
2003-2004
Plan et dossiers de Référence : 2004
Suivi et coordination des opérations, dossier ANRU : 2005-2008

Périmètre ORU : 130 ha
Périmètre opérationnel Amont Quentin : 3.5 ha

Investissements soutenus par l’ANRU : 121 M€
Commune, Communauté Urbaine, Conseil Régional, Bailleur, ANRU
Commune, Communauté Urbaine, Conseil Général, Conseil Régional, Bailleur, ANRU

Equipe de maîtrise d’œuvre :

Serge Renaudie, mandataire
Laurent Charpin et Raphaële Perron, architectes
GEOMAT, Bureau d’études

Amont Quentin

Dans les années ’70 la colline de l’Amont Quentin a été découpée en plateaux pour y planter des barres de logements aujourd’hui démolies. Ces plateaux, ainsi que le tracé des voiries, ont été conservés et considérés comme le terrain naturel dans lequel implanter de nouveaux bâtiments utilisant les différences de niveaux pour loger des stationnements enterrés accessibles depuis la rue située au nord, les accès piétons étant assurés au sud par le rez-de-chaussée haut.

Des « axes de vues », constitués d’espaces non-bâtis continus, publics ou privés structurent le plan masse en libérant l’espace vide peut circuler enfin entre le bas et le haut, entre la mer et la terre, entre le centre-ville, Cherbourg et les Provinces, Octeville.

Après démolition des barres, il s’agissait d’amener les promoteurs et leurs architectes à s’engager vers une architecture qui ne répète pas cette architecture de barre ni celles de plots mais qui tout au contraire intègre dans leurs compositions les deux orientations, au nord vers la mer et au sud vers la terre.

Des gabarits définissent les constructibilités dégagées dans chaque îlot de manière à garantir des bâtiments « découpés » qui respectent certains reculs ainsi que des gradations en terrasses.
Quatre opérations, quatre équipes d’architectes différents mais quatre architectures complices qui développent des volumes s’adaptant aux dénivellés et aux vues vers la mer. L’Amont Quentin connaîtra une nouvelle architecture, moderne, adaptée et cohérente même si je peux regretter que les architectes n’aient pas utilisé toutes les possibilités que suggéraient les gabarits proposés.

Afin d’assurer une cohérence entre les aménagements des jardins et les bâtiments, il a été demandé aux architectes de prévoir dans les quatre opérations, des murs de soubassements et des murets en pierres, schiste ou grès. Un premier problème est apparu parce que les architectes n’avaient réservé que 12 cm pour monter la pierre alors que le grès de Cherbourg nécessite 20 à 23 cm. Les soubassements des bâtiments de la Foncière Logement seront habillés avec du schiste venant de Bretagne de manière à respecter ces 12 cm.

Par contre les soubassements des autres bâtiments réalisés par Presqu’île Habitat (logements sociaux et siège social) et par Brémond (logements en accession) seront en béton matricé, arguant de surcoût financier. Tant qu’une prescription n’est pas imposée réglementairement, elle n’est pas respectée par les promoteurs, publics ou privés. Il existe une gymnastique qui consiste à chercher systématiquement à déroger aux prescriptions.

La programmation de l’Amont Quentin permet de mixer logement social locatif, logement locatif libre, accession à la propriété. La recherche d’une égalité dans la qualité des traitements des soubassements participait d’une volonté de ne pas différencier le social du libre. Faire revenir le grès de Cherbourg dans la construction relevait également d’une volonté de renforcer le travail des maçons locaux et des carrières, en complément d’une recherche d’esthétique et d’identité. Mais s’immiscer dans la fabrication du logement, public comme privé, est très compliqué surtout quand on ne gère pas les marchés.

Le cahier des prescriptions urbaines, architecturales et paysagères était très détaillé. Chaque parcelle faisait l’objet d’une fiche précisant les gabarits constructibles dans lesquels les architectes étaient invités à inscrire leur programme de logements.

A cause de sa pente orientée au nord et de terrassements déjà existants, le terrain de l’Amont Quentin n’est pas un terrain facile. Parce que nous savions qu’aucune opération de logements ne pourrait engager les sur-coûts qu’auraient nécessité une restitution de la pente naturelle, nous avons proposé de conserver les plate-formes créées pour la construction des barres, ainsi que les emplacements et niveaux des voiries. Il était alors possible de construire et d’aménager autour avec un minimum de nouveaux terrassements.

Le dénivelé de la pente permet d’envisager des bâtiments disposant d’un rez-de-chaussée bas au nord et donc dévolu au stationnement automobile, et un rez-de-chaussée haut au sud plus piétonnier. Les piétons doivent pouvoir accéder par les deux niveaux.

Des prescriptions complémentaires concernant les toitures, les matériaux, les ouvertures, les abords, etc... complétaient les prescriptions sur les gabarits. Des illustrations d’utilisation architecturales" de ces gabarits étaient jointes.