L’extension urbaine de l’agglomération nécessitait que soit étendue et agrandie la notion de centralité et qu’elle trouve une expression propre dans l’organisation des bâtiments et des espaces publics, et surtout des liens de complémentarités avec le centre ancien de Cherbourg et son commerce.
La présence de la place était une évidence. Il était évident que l’espace de la ville devait assurer ce lien entre l’est et l’ouest, cette direction cardinale qui croisait l’axialité nord-sud des bassins à la Cité de la Mer, cette liaison comme les bras tendus entre la ville ancienne et la nouvelle. Il fallait une place à l’espace, et cela d’autant plus que les programmes prévus le justifiaient.
Créer l’espace d’une place permettait également d’interférer avec ce programme énorme de l’extension du centre-commercial. Interférer parce que si l’unique espace public se réduisait à la rue de l’Entrepôt, le public (à ne pas confondre avec les clients) risquait d’être très congestionné et que les liaisons est-ouest ne pourraient passer que par la rue Jean François Millet ou la rue du Val de Saire - ce manque de fluidité risquait d’être dangereux pour le centre-commercial lui-même. De plus sans traversée est-ouest, toute la façade Est du centre-commercial le long de la Divette devenait un arrière alors qu’elle se situait en face de l’avenue Carnot, le centre-commercial aurait tourné le dos à l’est de la ville. En coupant le programme commercial par la place, on permettait également de créer un autre programme au nord et ainsi de diversifier la programmation commerciale en apportant d’autres activités notamment nocturnes. La place devenait également un lieu symbolique de cette extension du centre-ville vers un centre d’agglomération.
Cette place s’inscrit dans l’espace des quais, elle s’installe dans la continuité physique de ces rapports entre l’eau et la pierre qui construit ces appareillages puissants et efficaces. Dans cet ensemble, la place est entièrement minérale ; elle constituera le plus grand dallage en granit de la ville.
Elle est conçue comme un grand plateau composé de dalles de granit. Ces dalles sont de grandes dimensions (de 1,5 m² à 3 m²) et leurs calpinages sont dessinés en fonction des directions et des entrées des activités.
Dans cet ensemble dallé, certaines dalles se relèvent pour former des bancs et des plateformes, d’autres encore s’enfoncent pour créer une fontaine. Ici et là affleurent des rochers bruts, comme ressurgis par rhizomes, entre la côte déchiquetée et les falaises du Roule.
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