Serge Renaudie, Atelier d'Architecture Urbaine
   
 
 

Cherbourg Octeville (50) :

ZAC des Basins
2007-2012

 
 

La ZAC des Bassins concerne un secteur de la ville de Cherbourg resté longtemps en friches. Elle regroupe des secteurs très diversifiés : l’agrandissement d’un centre-commercial et de sa galerie, la construction d’un hôtel, la construction de bâtiments de logements, la création d’une grande place centrale, la réalisation de jardins le long du cours d’eau et la création de voiries..

Chaque secteur a fait l’objet d’études de faisabilité et de stratégie urbaine très précises et documentés, comportant également un volet de prescriptions architecturales très élaboré.

Fiche renseignements 

Maîtrise d'Ouvrage :
Communauté de Cherbourg, Commune de Cherbourg

Missions :
Marché de Définition : 2003-2004
Plan et dossiers de Référence : 2004
Suivi et coordination des opérations, dossier ANRU : 2005-2008

Périmètre ORU : 130 ha

Investissements soutenus par l'ANRU : 121 M€
(Commune, Communauté Urbaine, Conseil Régional, , Bailleur, ANRU)
Investissements de la ZAC des Bassins : 24 M€
(Commune, Communauté Urbaine, Conseil Général, Conseil Régional, , Bailleur, ANRU)

Equipe de maîtrise d'oeuvre :
Serge Renaudie, mandataire
Laurent Charpin et Raphaële Perron, architectes
CODRA, Déplacements urbains
S.E.T.U., Bureau d'études V.R.D.

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L’extension urbaine de l’agglomération nécessitait que soit étendue et agrandie la notion de centralité et qu’elle trouve une expression propre dans l’organisation des bâtiments et des espaces publics, et surtout des liens de complémentarités avec le centre ancien de Cherbourg et son commerce.

La présence de la place était une évidence. Il était évident que l’espace de la ville devait assurer ce lien entre l’est et l’ouest, cette direction cardinale qui croisait l’axialité nord-sud des bassins à la Cité de la Mer, cette liaison comme les bras tendus entre la ville ancienne et la nouvelle. Il fallait une place à l’espace, et cela d’autant plus que les programmes prévus le justifiaient.

Créer l’espace d’une place permettait également d’interférer avec ce programme énorme de l’extension du centre-commercial. Interférer parce que si l’unique espace public se réduisait à la rue de l’Entrepôt, le public (à ne pas confondre avec les clients) risquait d’être très congestionné et que les liaisons est-ouest ne pourraient passer que par la rue Jean François Millet ou la rue du Val de Saire - ce manque de fluidité risquait d’être dangereux pour le centre-commercial lui-même. De plus sans traversée est-ouest, toute la façade Est du centre-commercial le long de la Divette devenait un arrière alors qu’elle se situait en face de l’avenue Carnot, le centre-commercial aurait tourné le dos à l’est de la ville. En coupant le programme commercial par la place, on permettait également de créer un autre programme au nord et ainsi de diversifier la programmation commerciale en apportant d’autres activités notamment nocturnes. La place devenait également un lieu symbolique de cette extension du centre-ville vers un centre d’agglomération.

Cette place s’inscrit dans l’espace des quais, elle s’installe dans la continuité physique  de ces rapports entre l’eau et la pierre qui construit ces appareillages puissants et efficaces. Dans cet ensemble, la place est entièrement minérale ; elle constituera le plus grand dallage en granit de la ville.

Elle est conçue comme un grand plateau composé de dalles de granit. Ces dalles sont de grandes dimensions (de 1,5 m² à 3 m²) et leurs calpinages sont dessinés en fonction des directions et des entrées des activités.
Dans cet ensemble dallé, certaines dalles se relèvent pour former des bancs et des plateformes, d’autres encore s’enfoncent pour créer une fontaine. Ici et là affleurent des rochers bruts, comme ressurgis par rhizomes, entre la côte déchiquetée et les falaises du Roule.